ESPAGNE
PANORAMA
Aucun pays n'inspire autant d'attachement pour diverses raisons .aucun autre ne suscite non plus chez ses fidèles pareil désir de paraître initié à ses secrets.
On peut aimer l'Espagne bien différemment. Ce qui nous frappe, lorsque nous y sommes, c'est généralement ce que nous espérions y trouver. Depuis Théophile Gautier ou Mérimée, des centaines d'artistes et écrivains nous ont fabriqué une Espagne conventionnelle, romanesque…
L’Espagne …une Histoire
Les Historiques de l'Antiquité ont donné beaucoup de noms à l'Espagne. Pour certains, c'était Ophiusa, pour d'autres Edetania, Sacania, Tartessos, Hesperia… Mais ce sont les Romains qui choisirent le nom d'Hispanie, mot vraisemblablement d'origine phoenique, dérivé du shephan et signifiant très probablement "côte ou île des lapins".
Un professeur pense que le nom d'Hispanie remonte à deux siècles avant J-C.
Le pays le plus exotique du vieux continent à aussi la réputation d'appartenir à une époque révolue et de conserver un style de vie qui ailleurs semble définitivement banni.
On y vient en pèlerinage.
Située au carrefour de deux mers et de deux continents, l'Espagne favorisa la rencontre des peuples d'Espagne d'Europe et d'Afrique. Habitée aux temps les plus lointains par les chasseurs paléolithiques, ainsi qu'en témoignent les fameuses, ainsi qu' en témoignent les fameuses penture rupestres de Puente Viesgo et d'Altamira, elle fut durement secouée par les invasions successives.
Après la chute de l'Empire romain, l'Espagne devient durant trois siècles un royaume visigoth.
Elle fut env
ahie par les Arabes en 711 et la reconquête du territoire perdu remplit toute l'histoire de l'Espagne à l'époque médiévale.
L'Espagne est un découvreur, un créateur de principes. Du golfe du Mexique à la terre de feu, l'Espagne est toujours la mère de vingt nations.
Le XVIe et le XVIIe siècles virent l'apothéose culturelle de cet immense empire.
Le génie d'écrivaine comme Cervantès et Lope de Vega, de peintres comme le Greco, Velasquez, Goya et Ribera, d'architectes comme Herrera, a valu un immense héritage de chefs – d'œuvre.
Le XIXe siècles a commencé avec la guerre napoléonienne et se poursuivit par une série de luttes intestines qui divisèrent les Espagnols.
Depuis la fin de
De nos jours, elle se présente comme un kaléidoscope, un merveilleux monde qui a su conserver l'essence du passé.
En comparaison avec beaucoup d'autres pays, l'Espagne n'occupe qu'une petite partie de l'atlas (
Cependant, sur la carte européenne, l'Espagne est le troisième plus grand pays après
Les figures de don Quichotte se profilant sur la plaine interminable de
L'Espagne est cependant le pays le plus montagneux d'Europe après le suisse.
Tout au long de ses côtes se succèdent des plages et des sites touristiques exceptionnels regroupés sous des noms mondialement connus tels que
Charme des temps passés
Troisième pays au monde par le nombre de ses monuments historiques, l'Espagne possède un vaste trésor que l'on rencontre dans ses vieilles cités, ses monastères, ses innombrables châteaux comme des sentinelles oubliées par les siècle au milieu de paysages qui surveillent la mer, ses cathédrales qui conservent tout le charme des temps passés.
Des villes comme Séville, Tolède, Grenade, Mérida, Baeza, etc. attirent irrésistiblement par leur charme typique.
Les ruines d'un château médiéval, une tour d'église dominant un pâté de vieilles maisons, telle est la physionomie d'une petite ville espagnole typique, comme on en rencontre le longe des routes.
L'Art culinaire espagnol
Abordons maintenant, assez rapidement, les plaisirs que la table espagnole offre au palais du visiteur.
La cuisine espagnole se distingue par son originalité et son infinie variété.
L'huile d'olive espagnole est excellente. Elle constitue l'un des principaux condiments.
Il est loisible de savourer n'importe quelle spécialité gastronomique internationale, mais l'on ne saurait manquer de déguster de déguster les spécialités locales comme le gazpacho (soupe froide à base de piment et de tomate), le cocido (composé de viande bouillie, de pois chiches et de pommes de terre), la fabada (haricots blancs typiques) et bien évidemment, la célèbre paella, dont le nom se passe de commentaire.
LE CLIMAT
Les amateurs de soleil ne seront pas déçus par l'Espagne. C'est le pays du soleil. L'été y est roi, mais la chaleur n'est jamais pénible.
Bien que l'Espagne se trouve dans une zone tempérée, son relief accidenté donne lieu à une grande diversité de climats, ce qui permet à chacun d'y trouver la température qui lui convient. Mais les Espagnols savent se prémunir contre les effets de la chaleur avec un art peut – être hérité des Arabes.

« Aucune tragédie au monde ne m'avait intéressé à ce point. Pendant mon séjour en Espagne, je n'ai pas manqué une seule corrida».
Le peuple espagnol est un peuple qui aime rire. L'Espagnol est merveilleusement à l'aise dans les fêtes. C'est son élément naturel, fût – ce dans le plus petit village. Il suffit d'ailleurs de bavarder avec lui pour le constater.
En Espagne, il existe une grande vari"t" de manifestation folkloriques.
Chaque ville possède ses fêtes qui sont des manifestations particulières du sentiment populaire, exprimées par la danse ou la musique, parmi lesquelles
N’oublions surtout par le flamence Ses origines mauresques lui confèrent une fougue et une vigueur exceptionnelles et expliquent qu’il s’apparente tant aux Arabes.
Nous en arrivons tout naturellement à l’évocation de l’une des dernières fêtes populaires du globe, la corrida, considérée comme l’expression du folklore espagnol par excellence, divertissement cruel, dit –on.
Les bons aficionados disent : « mythe », « rite », « art »…à nul autre pareil.
Le toreo est réellement un art difficile, émouvant, très espagnol. Les Espagnols ne sont pas tous cas, il est difficile de l’être si l’on n’est par né en Espagne ou si l’on n’est pas né en Espagne ou si l’on n’a pas de sang espagnol dans les veines.
Ne quittez pas l’Espagne sans avoir véritablement fait sa connaissance. Et si vous ne l’avez pas encore fait mille choses restent à connaître. Alors l’Espagne vous attend.
Les sciences du langage
un vaste champ de recherche...
L'appellation " sciences du langage " est relativement récente : elle est, depuis quelques décennies, celle du champ qui s'appelait auparavant " linguistique ", comme en témoigne le nom de la 7e section du Conseil national des universités (CNU). Panorama d'un champ de recherche très riche et de nombreuses approches.
Les sciences du langage couvrent les recherches portant principalement sur le langage humain, c'est-à-dire en fait sur les langues et leurs alentours. D'autres langages humains ou non, phénomènes " sémiologiques " ou " sémiotiques ", sont en effet prioritairement rattachés à d'autres domaines : le langage " non verbal " (mimo-posturo-gestuel), par exemple, est plutôt rattaché à la psychologie ou à l'éthologie, le langage vestimentaire à la sociologie, à l'anthropologie ou à la psychologie sociale, le langage informatique aux mathématiques...
L'histoire des sciences nous montre qu'il est difficile d'étudier un objet complexe sans être amené, de manière ponctuelle ou fondamentale, à croiser d'autres objets et d'autres champs, tant les frontières en apparaissent fragiles. De plus, les travaux véritablement interdisciplinaires produisent des déplacements d'objets et des reconstructions théoriques, et pas seulement des " interdisciplines " à la marge des champs qu'elles chevauchent. L'élargissement de " linguistique " à " sciences du langage " signifie ces extensions du champ et ces diversifications théoriques, puisque le terme linguistique renvoie principalement, aujourd'hui, aux travaux sur les formes, les mécaniques internes des langues et leurs conséquences théoriques et pratiques, par distinction d'une sociolinguistique qui renvoie principalement à des travaux sur les usages, les fonctions sociales des langues et leurs conséquences. Diverses approches théoriques et méthodologiques se répartissent entre ces deux pôles. Toutes ou presque ont des retombées pratiques ou sont inspirées par des finalités pratiques.
Le résultat d'une histoire
Cette diversité est le résultat d'une longue histoire et de révolutions récentes. L'analyse du langage humain est née au cours de l'Antiquité et du Haut Moyen-Âge dans de rares cultures où l'écriture avait une place importante. L'écriture facilite en effet l'objectivation de la langue, sa permanence et sa manipulation, même si, en même temps, elle en modifie les constituants (l'oralité et ses spécificités) et les fonctionnements (des dialogues toujours contextualisés dans des sociétés souvent plurilingues). En Occident, cette analyse a été initiée par les Grecs anciens, avec une particularité importante : elle a été réalisée par des logiciens dans un contexte ethnocentriste et monolingue, c'est-à-dire pour qui seul le grec était une langue, le reste n'étant que borborygmes de barbares. On a donc voulu chercher dans le langage un ordre universel de type rationnel, et, lorsqu'on ne le trouvait pas, on l'inventait en prescrivant des formes jugées " meilleures " au lieu de décrire des formes attestées. C'est l'origine de la grammaire prescriptive (correct/incorrect) privilégiant l'écrit littéraire, recherchant une " langue parfaite ", transparente, homogène, rationnelle. Via les grammaires latines, elle a été transférée sur les langues occidentales en même temps que sur leur étude.
Les débuts de la linguistique
Au cours du XIXe siècle, la linguistique émerge en même temps que les autres sciences humaines et sociales (SHS). Les philologues analysent des états de langues anciens pour mieux comprendre les manuscrits et l'évolution historique des langues, notamment celles issues du latin. Ils ouvrent ainsi les deux pôles qui vont organiser les recherches jusqu'à aujourd'hui : l'analyse de codes centrée sur des corpus monolingues écrits (pour " décoder " des textes anciens) et l'analyse de variations en contexte social (pour comprendre l'évolution des langues). Ces travaux débouchent notamment sur la grammaire comparée et la dialectologie. La première consiste à rechercher les parentés et les origines communes de groupes de langues en comparant les traces écrites les plus anciennes. La seconde consiste à étudier la variation géographique des langues, à travers leurs réalisations orales locales et vivantes (appelées " dialectes "), y compris pour y trouver des éléments dont ont été expurgées les variantes écrites normatives (alors appelées " langues ") et qui peuvent aider à mieux en retracer l'histoire. Le contexte intellectuel d'intérêt pour les " nationalités ", l'Histoire, le " folklore "... ne sont pas étrangers aux développements scientifiques à cette époque.
La langue, objet clos ou fait social ?
À la fin du XIXe, deux figures font véritablement naître la linguistique. Ferdinand de Saussure (suisse francophone, 1857-1913) rompt partiellement avec la tradition grammaticale à travers un programme théorique (son Cours de linguistique générale, 1916) qui privilégie, en principe, la description de la langue orale contemporaine " en elle-même et pour elle-même ". Mais, en construisant un objet " Langue " clos, distinct de ses usages (la " parole ") et de son contexte, Ferdinand de Saussure se centre sur la mécanique interne du code pensé comme homogène et dans un cadre monolingue. Pour rechercher cette Langue, la plupart des chercheurs vont, soit prendre pour corpus du texte écrit normatif (comme la grammaire traditionnelle), soit produire eux-mêmes les données par introspection : chaque locuteur d'une langue étant censé posséder le système de la Langue en question, il peut produire des énoncés représentatifs de la Langue ou réfuter des énoncés dits " agrammaticaux ", c'est-à-dire " impossibles dans le système de cette Langue ".
L'autre grande figure, le linguiste français Antoine Meillet (1866-1936), est également sociologue et historien : pour lui, la langue est avant tout un fait social en même temps qu'un système. Les pratiques sociales, les facteurs sociaux dits externes jouent un rôle fondamental dans le système et le fonctionnement des langues, qui obéissent à un ordre fonctionnel et pas uniquement rationnel (Linguistique historique et linguistique générale, 1921).
Le XXe siècle est celui du fort développement de la linguistique, selon ces deux axes qui, tour à tour, font émerger des théories dominantes et parfois croisées (comme la célèbre linguistique fonctionnelle d'André Martinet). Après une période, 1930-1970, dominée par les approches " internes ", les approches socio- (interactionnisme, variationnisme...) ont affirmé une petite " révolution copernicienne " en réfutant l'ensemble des postulats saussuriens et en proposant un objet repositionné : des pratiques langagières hétérogènes produites dans et par des interactions et des contextes sociaux, en mobilisant désormais les concepts clés de répertoire langagier (qui se substitue à celui de langue), de représentation (issu de la psychologie) et de groupe social (issu de la sociologie), et l'épistémologie de la pensée complexe.
Recherches actuelles et retombées
Il est difficile de donner un panorama précis des recherches menées dans un champ aussi riche, rien qu'en France, d'autant qu'au-delà des chercheurs inscrits à la 7e section du CNU ou faisant partie de la 34e section du CNRS (Représentation, langage, communication), il y a des spécialistes des sciences du langage dans d'autres secteurs, notamment dans les langues de spécialité (anglais, breton, arabe…) et les SHS en général. L'index de l'Annuaire des Sciences du Langage (une association française) compte par exemple plus de cent domaines. Outre les noms de langues ou de concepts précis comme l'anaphore (reprise d'un segment du discours par des substituts), ou la parémiologie (étude des proverbes), les domaines qui regroupent le plus de chercheurs en 2003 sont : acquisition, contacts de langues, didactique, analyse du discours, énonciation, épistémologie, interaction, lexicologie, pragmatique, sémantique, sociolinguistique, syntaxe, linguistique du texte.
Côté applications : les langues et les pratiques langagières sont un élément majeur de la vie des humains et de leurs sociétés, grâce auxquelles non seulement ils communiquent, mais aussi ils s'approprient le monde et construisent leurs identités. La diversité des langues motive donc de nombreuses recherches aux retombées directes : enseignement, traduction, terminologie, traitement automatique, cognition, gestion politique..., qui nécessitent elles-mêmes des descriptions des langues et des situations sociolinguistiques.
LINGUISTIQUE ET ENSEIGNEMENT DU FRANÇAIS LANGUE ETRANGERE
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I. CONCEPTIONS DE L'ENSEIGNEMENT DU FRANÇAIS
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1. Le français est une langue vivante; on ne l'enseignera donc pas comme une langue morte. Enseigner le français consiste à apprendre aux élèves à communiquer en français.
Le français est une langue parlée et écrite, ou mieux encore, une langue qui se parle et qui s'écrit. En tant que moyen de communication, c'est avant tout une langue parlée.
Rappelons que l'enseignement du français langue vivante :
· n'a pas pour objet immédiat ni nécessaire de mettre l'élève en mesure de lire Corneille ou Pascal, mais de lui faire acquérir un moyen de communication nouveau: ce moyen de communication est d'ailleurs un moyen d'appréhension culturelle: celle-ci pouvant être aussi bien la lecture de Lévi-Strauss ou de revues scientifiques, que celle de Rousseau ou de Victor Hugo. L'étude des grands écrivains classiques n'est pas, au départ, l'objet de l'étude du F.L.E.
· ne se fait pas, non plus, au moyen des écrivains classiques, surtout au cours des premières années, car leurs oeuvres représentent un état de langue différent du français actuel, ce qui ne peut manquer d'embarrasser les élèves.
2. Le français présente un certain nombre de particularités difficiles pour les apprenants vietnamiens, par exemple les articles, les adjectifs possessifs, la place de l'adjectif, l'emploi des pronoms personnels, le bon usage des prépositions, l'accord.... Seule une étude comparative des différences d'organisation entre le français et le vietnamien peut permettre d'adapter convenablement un enseignement ou une méthode aux difficultés spécifiques de l'élève.
Les principes fondamentaux de la linguistique appliquée à l'enseignement des langues vivantes sont les suivants :
1. Une langue est un système: ce n'est pas un inventaire de mots mais un ensemble structuré et articulé. Ce ne sont pas les éléments isolés - sons, mots ou formes grammaticales - qui comptent mais les relations qui les unissent, les oppositions qui les différencient. Une structure ne se réduit pas à la somme des éléments qui la composent. Ainsi, le français se définit par ses relations structurales et non par l'addition des mots du dictionnaire.
Les conséquences pédagogiques de ce principe fondamental de la linguistique contemporaine sont très importantes:
· Enseigner la langue consistera à enseigner des structures et non pas des mots ou des notions isolées. Dès les premières leçons, il faudra introduire le langage complet: l'unité minimale d'enseignement sera la phrase et, autant que possible, une vraie phrase: on réduira au minimum le nominalisme obsessionnel des vieilles méthodes où l'on passait des heures sur "qu'est-ce que c'est?" "c'est une fille, c'est un chapeau, etc." On n'enseignera donc pas de mots isolés: un mot hors de son contexte est mort et ne signifie rien. On évitera pour la même raison d'enseigner par listes de mots ou de paradigmes; savoir réciter caillou, chou, bijou...; et, ou, ni, mais, or, car, donc ; ou que je fasse, que tu fasses, qu'il fasse... n'est d'aucune aide pour l'élève étranger.
· On regroupera les éléments grammaticaux d'après leurs caractéristiques fonctionnelles et non pas d'après leur répartition dans les parties du discours traditionnelles. Ainsi le pronom "on" ne doit pas être avec les indéfinis quelqu'un ou personne mais avec les pronoms sujets "conjoints" je et tu.
2. Les linguistes distinguent entre le système de la langue et ses réalisations concrètes sous forme d'actes de parole. C'est, en définitive, la langue, ou, selon d'autres terminologies, le système ou encore la compétence, que l'on veut faire acquérir à l'élève. A cette fin, on lui fera comprendre et produire, au moyen d'un enseignement dialogué, un certain nombre d'actes de parole. Dans la rédaction d'un manuel ou dans la conduite de sa classe, le professeur sera amené à privilégier certains types d'actes de parole, de réalisations de la langue ou de performances qui mettent en jeu les structures fondamentales du français. Il insistera donc particulièrement sur ces modèles structuraux dont l'acquisition successive constitue en fait la progression de l'enseignement.
3. Une langue est un moyen de communication orale. Les linguistes nous rappellent, en effet, que la fonction du langage est de permettre aux individus d'une société de communiquer entre eux, c'est-à-dire de se parler. L'acte de communication linguistique suppose au moins deux interlocuteurs, c'est-à-dire le dialogue. Le langage qui n'est pas un acte de communication relève de la névrose ou du délire, et l'on sait que l'échec de la communication, l'"incommunicabilité", est en fait l'échec du langage. Certes, le développement de la civilisation a fait naître d'autres types de communication linguistique, communication écrite, communication différée, communication à distance, et l'enseignement d'une langue de culture devra également porter sur les communications secondaires. Il n'en reste pas moins que la réalité vivante d'une langue est la communication orale.
Ces considérations ont amené une véritable révolution dans l'enseignement des langues vivantes:
· L'étude de la langue orale, qui était auparavant sacrifiée à celle de l'écrit, a été revalorisée. Cela a entraîné la mise au point d'une pédagogie spécifique de l'oral notamment en ce qui concerne la phonétique et les structures propres à la langue parlée.
· L'approche de la L.E. se fait à partir de l'oral. On s'est aperçu que l'apprentissage du français oral était souvent compromis si l'élève commençait par la langue écrite ou même s'il abordait simultanément l'étude des deux codes, écrit et oral. Bien entendu, à un certain niveau d'études, l'écrit reprend ses droits et il ne saurait être question de passer d'un excès à l'autre, à savoir de sacrifier l'écrit à l'oral comme on a, pendant tant d'années, sacrifié l'oral à l'écrit. C'est une question de dosage, en fonction des buts recherchés, et des programmes.
· Le recours au dialogue, acte de communication par excellence, a été intensifié, aussi bien dans les techniques de classe (dialogue professeur-élève et dialogue entre élèves) que dans les manuels. Dans la quasi-totalité des manuels récents, le point de départ de la leçon est un dialogue en situation.
· Les moyens technologiques - cassettes audio, vidéo, magnétophone, téléviseur... - ont été mobilisés pour aider le professeur à faire pénétrer au maximum stimuli, exercices et modèles de langue orale dans la classe.
4. Si toutes les langues du monde ont en commun certaines caractéristiques générales, elles ne sont pas pour autant les réalisations parallèles d'un modèle unique; elles constituent des systèmes différents. Il peut y avoir entre le français et la langue de l'élève des structures comparables (par exemple si cette dernière est une langue romane), mais il n'y a jamais de structures identiques. Il faut donc éviter tout ce qui peut encourager chez l'élève sa tendance naturelle à projeter sur la langue étudiée des schémas structuraux de sa langue maternelle et à rechercher des correspondances terme à terme. On se méfiera en particulier de la traduction: cet exercice est enrichissant pour des étudiants avancés qui peuvent, grâce à lui, prendre mieux conscience des différences de fonctionnement des deux systèmes en présence. Pour les débutants, au contraire, et même pour les élèves d'un niveau moyen, il est beaucoup plus néfaste qu'utile, car il les habitue au mot-à-mot et encourage en général les interférences au lieu de les éliminer.
III. APPORT DES PSYCHOLOGUES A L'ENSEIGNEMNT DES LANGUES VIVANTES
L'apport des psychologues n'a pas été moins important que celui des linguistes. Le rôle du professeur est d'enseigner la langue; mieux informé grâce à la linguistique sur la nature de la matière à enseigner, il a besoin des psychologues pour rendre plus rigoureuse sa manière d'enseigner.
Parler, c'est dire quelque chose à quelqu'un sous l'impulsion d'un sentiment et, plus souvent encore, d'une situation. Le langage est d'autre part intentionnel: il faut aussi avoir envie de parler. On parle quand on a quelque chose à dire, qu'on a quelqu'un à qui le dire et qu'on a envie de le dire.
Tout le problème psychologique du langage dans la classe est là: il faut que l'élève ait quelque chose à dire, qu'il ait un interlocuteur et qu'il soit motivé. Cette motivation doit être autant que possible naturelle et non scolaire. L'élève peut être en effet motivé par le désir de bien faire ou par le jeu formel que constitue en soi l'emploi d'une langue nouvelle mais, hélas! cela ne dure pas. Les seules motivations efficaces sont celles qui suscitent normalement le discours, c'est-à-dire les motivations langagières proprement dites, et en particulier les situations.
Tout le problème a donc été de mettre le langage de la méthode en situation. Ce n'était pas chose facile, car l'école n'est pas la vie et la situation réelle dans laquelle se trouve l'élève reste celle des écoliers face au professeur entre les quatre murs d'une salle de classe. On a bien tenté d'exploiter les situations scolaires, mais on s'est vite rendu compte que la répétition et la monotonie finissaient par tuer la motivation. On ne peut, en effet, indéfiniment parler du tableau noir, du chiffon, de la craie, de la porte que l'on ouvre et du livre que l'on ferme.
Les pédagogues ont alors pensé que la seule solution était de remplacer les situations réelles par des situations simulées, seules capables d'entretenir et de renouveler la motivation. On a donc proposé aux élèves des dialogues et des saynètes en situation ayant la spontanéité du langage vivant et permettant de prolonger la situation dans la classe ou de simuler des situations analogues: le rôle de professeur devient alors celui d'un animateur et d'un meneur de jeu.
Parmi les variables dont il faut tenir compte, l'âge des élèves est un élément très important. On n'enseignera pas de la même manière au jardin d'enfants, à l'école primaire, au début et à la fin du secondaire, à des adultes. Non seulement le contenu de l'enseignement sera modifié mais aussi la méthode employée; les aptitudes à l'apprentissage changent en effet avec l'âge, certaines diminuent, d'autres apparaissent par compensation.
Les psychologues seront de bon conseil en ce qui concerne la distribution de l'enseignement. Il n'est pas indifférent d'enseigner une langue à raison de trois, de cinq ou de huit heures par semaine, et toutes les méthodes ne se prêtent pas à n'importe quel rythme. On peut envisager des séances d'une heure et demie avec des adultes capables d'une attention soutenue et fortement motivés. Pour d'autre élèves, on prévoira des périodes de 40 à 45 minutes. Enfin, pour de jeunes enfants, il semble que des séances fréquentes ne dépassent pas la demi-heure, par exemple six séances hebdomadaires de 25 minutes, soient beaucoup plus efficaces que trois séances d'une heure.
LE MATÉRIEL PÉDAGOGIQUE
Il est conseillé de constituer une banque de matériel d'appoint afin que le matériel soit disponible au moment où l'on a besoin. Lorsqu'il y a plusieurs enseignants de français dans une même école, il est préférable de coordonner les efforts pour constituer une banque commune. Il est alors possible soit de répartir les tâches, soit de se réunir périodiquement pour :
¨ recueillir le matériel (à l'aide des élèves, s'il y a lieu),
¨ inventorier le matériel et le classer,
¨ répartir le matériel par degré,
¨ identifier les lacunes suite à une première exploitation et y remédier, etc.
De cette manière, la tâche de chaque enseignant se trouvera allégée. De plus, le matériel proposé à l'élève sera varié et nouveau d'une année à l'autre.
L’inventaire qui suit propose divers types de matériel que l'enseignant aura avantage à sélectionner pour une utilisation en classe :
· Aides visuelles :
- images de tous genres, caricatures, affiches, etc.
- dessins : croquis, dessins à faire, à commenter
- plans et cartes géographiques
- tableaux de feutre
- tableaux graphiques, schémas
- bandes dessinées
- livres, revues, albums
- certaines pages des manuels de sciences de la nature et de sciences humaines
- dépliants
- dictionnaires illustrés
- catalogues
- décorations
- tableaux d'affichage
- diapositives
- articles de journaux et de revues
· Aides sonores :
- disques
- bandes magnétiques et cassettes
- chansons et comptines
· Aides audio-visuelles :
- films fixes avec cassettes ou bandes magnétiques
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L'étude des textes littéraire
Le commentaire composé est une forme d'exercice qui suppose un double travail :
· D'une part, l'étude détaillée d'un texte littéraire sous le double aspect du sens et des formes d'écriture
· D'autre part, la construction d'un exposé écrit qui vise à restituer l'image essentielle que l'on peut retenir de ce texte en l'ayant au préalable décomposée en éléments plus simples par lesquels on commence l'exposé.
Le commentaire composé suppose donc une capacité à comprendre le sens et les beautés d'un texte, mais aussi une capacité à construire un schéma de réflexion pour rendre compte de la lecture faite de ce texte.
Un texte littéraire suppose :
· Une typologie de texte qui exprime donc une forme d'écriture spécifique
· Une écriture à l'intérieur de cette typologie qui a pour fonction de suggérer un certain nombre de choses
· Un ensemble de sens
Etudier un texte revient à comprendre qu'un auteur n'écrit pas par hasard ou que même si c'est le cas, notre décryptage d'un texte vient d'une manière d'appréhender la forme d'un texte. Il s'agit donc d'essayer de percevoir le réseau de construction d'un text